Cancer

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Quand des cellules normales sont endommagées et qu'elles ne peuvent pas être soignées, elles meurent : c'est l'apoptose. Les cellules cancéreuses ne meurent pas et continuent de se développer.
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Quand des cellules normales sont endommagées et qu'elles ne peuvent pas être soignées, elles meurent : c'est l'apoptose. Les cellules cancéreuses ne meurent pas et continuent de se développer.

Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormale au sein d'un tissu normal de l'organisme. Ces cellules dérivent toutes d'un même clone, cellule initiatrice du cancer qui a acquis certaines caractéristiques lui permettant de se diviser indéfiniment et de pouvoir former des métastases.

Un cancer est un terme général pour n'importe quelle maladie pour lesquelles certaines cellules du corps humain se divisent d'une manière incontrôlée. Les nouvelles cellules résultantes peuvent former une tumeur maligne (un néoplasme) ou se propager à travers le corps.

Quelques types de cancer :

Sommaire

[modifier] Terminologie

L'oncologie (ou cancérologie) est la spécialité médicale d'étude, de diagnostic et de traitement des cancers. Elles est pratiquée par des médecins oncologues ou cancérologues. Ceux-ci peuvent être suivant leur spécialité chimiothérapeute ou radiothérapeute.

Du fait d'une image péjorative sur le pronostic auprès du public, le cancer a de nombreux synonymes employés par les médecins : néoplasie, néoplasme, polymitose, carcinome

Certains termes sont plus populaires : crabe

[modifier] Historique

Des cancers étaient déjà décrit dans des écrits égyptiens vers -3500. C'est Hippocrate qui donna la première définition de la maladie, appelée alors « carcinome » ou « squihrre » : une tumeur (gonflement) dure, non-inflammatoire, ayant tendance à récidiver et se généraliser jusqu'à la mort. [1]

[modifier] Statistiques

Lorsque l'on compare les statistiques nationales, il faut se méfier des différentes classifications. Ainsi, en France, le terme « cause environnementale » fait référence aux produits chimiques et à la pollution…, alors qu'en anglais, cela fait référence à tout ce qui entoure l'homme et de manière générale tous les facteurs exogènes, c'est-à-dire le soleil, l'alcool, le tabagisme, le nombre de grossesses

C'est ainsi que l'on pourra lire dans des sources anglo-saxonnes que 70% des cancers sont provoqués par des facteurs environnementaux, alors que dans des sources françaises, cela ne représentera que quelques pourcents.

[modifier] En France

Le nombre total des décès par cancer en France était, en 1997, de 146 705, soit environ 241 décès pour 100 000 habitants. C'est la deuxième cause de mortalité après les maladies cardiovasculaires. En 2000, 278.000 personnes étaient atteintes d'un cancer et 150.000 en sont mortes.

Les cancers des voies aérodigestives supérieures représentent 15% des cancers (en majorité cancers du larynx) [2].

Nombre de décès par organes (source INSERM)
Poumons, bronches et trachée 24 383
Côlon-rectum 15 403
Autres parties de l'appareil digestif et péritoine 11 096
Sein 11 031
Prostate 9 338
Pancréas 6 743
Estomac 5 593
Leucémies 4 922
Cavité buccale et pharynx. 4 918
Autres parties de l'appareil respiratoire et organes thoraciques 4 654
Vessie 4 525
Œsophage 4 323
Tissus lymphoïdes et histiocytaire 4 158
Carcinome in situ, tumeurs à évolution imprévisible et de nature non précisée 3 612
Rein et organes urinaires autres 3 361
Ovaire et autres annexes de l'utérus 3 236
Utérus 2 970
Encéphale. 2 723
Larynx 2 199
Myélome multiple et tumeurs immunoprolifératives 2 142
Peau 1 613
Os et cartilage articulaire. 640
Autres organes génito-urinaires. 622
Tumeurs bénignes 604
Tissu conjonctif et autres tissus mous 581
Maladie de Hodgkin 279
Sièges autres et non précisés 10 124

Notons que la France est le pays ayant la plus longue survie après cancer (source : Le téléphone sonne, émission radiophonique de France Inter, 24 mai 2005).

[modifier] Facteurs de risque

Il existe de nombreux facteurs prédisposant au cancer : ils sont appelés cancérigènes, carcinogènes ou cancérogènes.

Ils peuvent être :

  • génétiques, c'est-à-dire avoir une composante héréditaire (cas de certains cancers du sein) ;
  • environnementaux :
    • pollution : son rôle exact est difficile à préciser ;
    • alimentation : l'obésité favorise de nombreux cancers ; la consommation régulière de fruits et légumes diminue le risque de nombreux cancers ; l'alcool, enfin, favorise les cancers de la gorge, de l'œsophage et du foie ;
    • radiations (sans oublier le rôle du soleil dans la genèse des cancers de la peau) ;
    • infections par certains germes ;

L'OMS estime à 10% la proportion de cancers liés au travail (rôle de l'amiante par exemple dans le mésothéliome).

Il faut noter le rôle particulier du tabac qui est un facteur de risques important pour différents cancers (voies respiratoires, ORL, vessie).

[modifier] Biologie des tumeurs malignes

[modifier] Carcinogenèse

La carcinogenèse est la création d'un cancer.

Le cancer est considéré actuellement comme une maladie des gènes. Typiquement, plusieurs séries de mutations sont nécessaires avant qu'une cellule ne devienne cancéreuse. Nous distinguons les oncogènes, qui promeuvent le cancer quand il est activé par une mutation et les gènes suppresseurs de tumeurs, qui créent un cancer quand ils sont désactivés par une mutation. Ces mutations peuvent avoir différentes causes : les radiations ou des produits chimiques qualifiés de carcinogènes ; des prédispositions héréditaires ne sont pas rares ; certains virus qui peuvent provoquer un cancer ont également été décrits (le papillomavirus est impliqué dans certains cancers de l'utérus par exemple). Habituellement, ils contiennent dans leur génome certains oncogènes ou gènes inactivateurs du suppresseur de tumeur. Dans environ 15% de tous les cancers, les virus semblent jouer un rôle ; des bactéries, comme Helicobacter pylori, peuvent provoquer des carcinogenèses par un processus d'inflammation chronique. Finalement, des dommages par des radicaux libres, qui sont un by-product naturel d'oxygène métabolique, peuvent provoquer des mutations de l'ADN.

Pour la plupart des cancers, on ne peut pas dire quel événement est la cause initiale. Cependant, avec la biologie moléculaire, il est possible de caractériser les mutations à l'intérieur d'une tumeur et jusqu'à un certain point de prévoir son comportement. Par exemple, environ la moitié des tumeurs sont déficientes en gène suppresseur de tumeur p53, également connu sous le nom de gardien du génome. Cela est généralement associé à un mauvais pronostic pour le patient, car les cellules tumorales sont dans ce cas moins susceptible de passer en état d'apoptose (mort programmée des cellules) après qu'elles ont été endommagées par la thérapie. Il y a alors résistance au traitement anti-cancéreux.

Il existe plusieurs mutations qui rendent les tumeurs malignes. Les mutations des gènes des télomérases permettent à une cellule de se diviser indéfiniment. D'autres mutations permettent à la tumeur de faire pousser de nouveaux vaisseaux sanguins pour s'alimenter ou de se détacher des tissus environnants en infectant d'autres parties du corps (métastases).

Une cellule qui dégénère en cellule tumorale n'acquiert pas habituellement toutes ces propriétés en une seule fois mais les cellules filles sont sélectionnées pour les construire. Ce processus est appelé évolution cellulaire. Un premier pas dans le développement d'une cellule tumorale est habituellement un petit changement dans l'ADN, souvent un point de mutation, qui conduit, entre autres choses, à une instabilité génétique de la cellule.

Aussi, le motif de méthylation de l'ADN de la cellule change, activant et désactivant des gènes plus ou moins aléatoirement. Les cellules qui se divisent à un rythme rapide, telles que les cellules systémiques ont un risque plus élevé de devenir des cellules tumorales que celles qui se divisent moins ou qui ne se divisent pas du tout comme les neurones. Si la cellule tumorale initiale (ou le groupe de cellules tumorales) n'est pas supprimée par le système immunitaire, elle va se développer en cancer.

Dans les « systèmes modulaires cellulaires », les cellules sont exposées à des influences carcinogéniques (chimie, radiations). Dans ces systèmes, les premiers signes d'une cellule développant une tumeur sont :

  1. L'immortalité. Exemple : le nombre usuel de divisions cellulaires pour une cellule mammaire est de 50 à 60 (sénescence cellulaire, limite de Hayflick), après quoi elle cesse de pouvoir se diviser (voir article Télomère). Les cellules tumorales continuent de se diviser sans limite visible ; ainsi les cellules du cancer d'Henrietta Lacks (souche HeLa) vivent toujours aujourd'hui, et sont plus nombreuses que ne l'ont jamais été les cellules d'Henrietta Lacks vivantes. On note donc que la limite de Hayflick n'affecte pas certaines cellules cancéreuses.
  2. L'altération morphologique.
  3. La construction d'amas (clusters) cellulaires (Foci).
  4. La perte de l'inhibition de contact.
  5. La baisse ou la non utilité de facteurs de croissance.

Les points 2 à 4 (ci-dessus) peuvent parfois être tracés avec les mutations des gènes qui résultent d'une rupture de l'adhérence cellulaire. Certaines protéines d'adhérence cellulaire sont oncogènes.

[modifier] Cancer et capacité des cellules à se reproduire

Le cancer est une « erreur de multiplication » de cellules. Les cellules musculaire se multipliant très peu, les cancers des muscles (myosarcomes, rhabdomyosarcome sur des fibres musculaires striées ou leiomyosarcomes sur des fibres musculaires lisses) comme par exemple le cancer du cœur (cas d'endothéliomes), sont extrêmement rares.

Notons que les neurones non plus ne se divisent pas ; le cancer du cerveau (tumeur cérébrale) naît en fait dans les cellules gliales, qui accompagnent les neurones.

[modifier] Diagnostic

Même s'il existe des éléments permettant d'identifier un cancer avec une grande probabilité, le diagnostic de certitude se fait que sur analyse au microscope (anatomopathologie) d'un échantillon de la tumeur (éventuellement aidé par d'autres techniques). Cet échantillon vient soit d'une biopsie (simple prélèvement d'un morceau de la tumeur) qui peut être faite, suivant la localisation, suivant différentes procédures (fibroscopie, ponction à travers la peau…), soit d'une pièce opératoire (tumeur enlevé par le chirurgien).

[modifier] Évolution

De son foyer initial, le cancer va (en dehors de tout traitement ou si le traitement n'est pas efficace) :

  • se développer de manière locale. Il provoque dans ce cas une compression des organes voisins, voire un envahissement et une destruction des tissus adjacents ;
  • se développer de manière régionale. Il envahit les ganglions lymphatiques, où logent les cellules du système immunitaire ;
  • se propager à distance de la tumeur initiale et former des métastases. Il y a souvent une confusion chez les patients et leur famille : un cancer du sein avec des métastases au niveau du cerveau ne donne pas un cancer du cerveau ; c'est toujours le cancer du sein initial, mais qui s'est développé ailleurs. Il faut continuer à le traiter comme un cancer du sein.

L'évolution dépend du type du cancer et de sa prise en charge : certains ne font que très peu de métastases et sont très sensibles aux traitements permettant d'aboutir dans la grande majorité des cas à une rémission complète et prolongée (ce terme de rémission est spécifique de la cancérologie et diffère de guérison par l'absence de certitude quant à une récidive à cours, moyen ou long terme). D'autres sont encore très difficilement maîtrisables et peuvent entraîner le décès à court terme. Une évaluation précise du type du cancer auprès d'un médecin spécialisé est donc indispensable.

[modifier] De quoi meurt-on quand on « meurt d'un cancer » ?

C'est là une question fréquemment posée aux médecins par les patients ou leur famille, qui ont peine à croire qu'une petite tumeur (du moins en apparence) menace tout un organisme.

La réponse est invariable : la vie dépend de la bonne marche d'un certain nombre de fonctions, dont la respiration (au sens large, en incluant la distribution d'oxygène par la circulation sanguine), la digestion et l'excrétion (reins, foie). Selon celui des trois systèmes qui est altéré par les cellules cancéreuses, par exemple, le patient meurt — si l'on n'arrive pas à juguler la progression du mal — :

  • d'insuffisance respiratoire;
  • de dénutrition;
  • d'empoisonnement, par accumulation de substances toxiques normalement filtrées et excrétées par les reins et le foie.

[modifier] Principes de traitement

Il doit être fait uniquement en milieu spécialisé, en règle sur une stratégie définie par une équipe médicale pluri disciplinaire (c'est-à-dire comportant des médecins de plusieurs spécialités : oncologie, radiothérapie, chirurgie, gynécologues, gastro-entérologues, etc).

Il nécessite :

  • d'avoir un diagnostic de certitude et de connaître le type du cancer,
  • d'évaluer son extension locale, régionale et la présence ou non de métastases,
  • d'évaluer l'état général du patient (âge, fonctions cardiaque et rénale, présence d'autres maladies)

Suivant les cas, il repose sur :

  • l'exérèse (l'ablation) chirurgicale large de la tumeur quand cela est possible, large voulant dire que le bistouri du chirurgien passe uniquement par des tissus sains ;
  • une chimiothérapie, prescription de médicaments s'attaquant au cancer et à ses métastases ;
  • une radiothérapie, l'irradiation de la tumeur permettant de faire fondre, voire disparaître, celle-ci.

Certains cancers peuvent bénéficier également :

  • d'un traitement hormonal ;
  • d'un traitement à visée immunologique, qui vise à augmenter l'action du système immunitaire.
  • d'un traitement à base d'ultrasons, une technologie en plein développement s'appuyant sur la focalisation d'un faisceau ultrasonore très puissant sur une métastase.

Souvent, plusieurs de ces types de traitements sont nécessaires chez un même patient.

Il ne faut pas oublier :

  • le traitement des conséquences de la tumeur ;
  • la prise en charge des effets secondaires du traitement ;
  • le traitement de la douleur.

[modifier] Soutien psychologique

Apprendre qu'on a un cancer est très difficile à assumer, tant cette nouvelle a longtemps été considérée comme celle d'une mort imminente. Par ailleurs l'hospitalisation, l'opération chirurgicale et les traitements adjuvants changent profondément la vie du malade. Il est donc essentiel d'apporter aux malades un soutien psychologique adapté.

En France, l'association de Psycho-oncologie étudie comment aider au mieux les cancéreux, ce qui passe en général par la participation à des groupes de patients qui vivent les mêmes épreuves.

[modifier] Prévention

Elle se base sur :

  • l'évitement ou la diminution de l'exposition aux carcinogènes de l'environnement : principalement, la lutte contre le tabagisme, la consommation excessive d'alcool et de graisses animales, l'exposition excessive au soleil ;
  • le rôle protecteur de certains éléments : consommation de fibres (céréales, légumes verts, fruits);
  • le traitement des lésions pré-cancéreuses.

Il convient de faire la différence entre la prévention, qui cherche à diminuer la survenue de la maladie en luttant contre ses facteurs favorisants, et le dépistage, qui cherche à mettre en évidence une maladie de manière précoce pour la traiter plus facilement.

Voir les articles :

[modifier] Dépistage

Il consiste en la détection de lésions pré-cancéreuses ou de cancers à des stades peu avancés : on recherche, chez une personne qui ne présente pas de symptômes, à mettre en évidence la maladie de manière précoce.

Cela se fait par :

  • La clinique (l'examen du patient) : palpation des seins, toucher rectal...
  • Des examens paracliniques : radiographies, dosages biologiques.

Le but est de trouver, dans une population donnée, des lésions que l'on peut traiter facilement : si l'on attend les symptômes, il est souvent nécessaire d'avoir recours à des traitements plus lourds pour traiter la maladie.

Les dépistages ayant prouvé leur intérêt (ils diminuent le nombre de décès par cancer) sont :

  • Le frottis du col utérin, pour dépister les lésions pré-cancéreuses et les petits cancers du col utérin
  • La mammographie, pour dépister des cancers du sein à un stade précoce

Actuellement, on cherche à prouver l'intérêt de la recherche de saignements minimes dans les selles (test hémocult) pour le dépistage des polypes et des petits cancers du colons.

[modifier] Cancer et religion

Pour l'Église catholique, Pérégrin Laziosi de Forlì (Italie) est le saint patron des malades incurables, de sida et du cancer.

[modifier] Voir aussi

Le Wiktionnaire possède une entrée pour « Cancer ».
  • 0810 0810 821 (France) Cancer Information Service

[modifier] Liens internes

[modifier] Liens externes

[modifier] Bibliographie

  • "Le livre de Pierre. Psychisme et cancer" Louise L. Lambrichs, Seuil
  • Guérir du cancer ou s'en protéger, Dominique Belpomme, Fayard, 2005 ISBN 2213624208
  • Les aliments préventifs contre le cancer, Marie-Amélie Picard, Delville Santé, 2005 ISBN 2859221956
  • Les aliments contre le cancer, Richard Béliveau et Denis Gingras, Solar, 2006 ISBN 2263040641
  • Guérir envers et contre tout. Le guide quotidien du malade et de ses proches pour surmonter le cancer, Carl Simonton, Stephanie Matthews Simonton, James Creighton, Desclée de Brouwer, 1982 ISBN 2220025373
  • Guérisons remarquables, Caryle Hirshberg, Marc Ian Barasch, J'ai lu, 1996 ISBN 2290049077
  • Les chemins de l'espoir : Comprendre le cancer pour l'éviter et le vaincre, David Khayat, Odile Jacob, 2005 ISBN 2738116124
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