Sperme
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[modifier] Le sperme dans tous ses états
[modifier] Éjaculation et sperme
L'homme commence à produire du sperme quelque temps après le début de la puberté. Bien avant la puberté, les premiers orgasmes peuvent avoir lieu sans émission de sperme, sa production n'étant pas encore fonctionnelle. L'éjaculation est l'émission prompte de sperme.
[modifier] Sécrétion
Le sperme est un liquide blanchâtre. C'est une combinaison de plusieurs fluides. Les testicules fabriquent les spermatozoïdes qui seront entreposés dans l’épididyme et les canaux déférents. Au moment de l’éjaculation, le sperme est composé du mélange de ce liquide avec le liquide prostatique, le liquide des vésicules séminales et les sécrétions des glandes de Cowper.
Certains distinguent le sperme (composante spermatozoïde fertilisante), du liquide séminal (la majeure partie des liquides éjaculés). Cette distinction peut expliquer la présence d’une infertilité masculine en dépit d’un grand volume d'éjaculat.
[modifier] Volume
Une éjaculation représente en moyenne 2 à 5 millilitres sachant qu'il y a normalement près de soixante millions de spermatozoïdes par millilitre de spermeréf. nécessaire. Plus les hommes sont jeunes, plus ils ont des érections fréquentes et quelques-uns sont capables d'éjaculer de grandes quantités de sperme. Cette situation se dégrade au fil des années. La pollution ainsi que des températures importantes et persistantes (par exemple le port de sous-vêtements trop chauds) nuisent à la qualité du spermeréf. nécessaire.
L'examen médical qui permet d'analyser la qualité du sperme s'appelle un spermogramme ou spermocytogramme.
Le volume de sperme peut augmenter grâce à une stimulation sexuelle intense, un massage de la prostate (par stimulation anale), et des préliminaires prolongés.
Aucune alimentation ou vitamine ne peut augmenter la production de sperme. Cependant, une bonne santé physique et une bonne alimentation peuvent aider.
[modifier] Goût
Parmi les pratiques sexuelles orales, la fellation met en jeu le contact buccal avec le sperme. Le goût du sperme et son odeur varient selon les hommes. Il peut être doux, insipide, alors que, chez d'autres, le goût est plus fort : salé ou amer.
Une grande partie de la crainte inspirée par la présence du sperme dans la bouche est due à l'association des organes génitaux (le pénis) avec les produits de l'élimination (l'urine). Si le sperme en soi est non toxique, il faut néanmoins rappeler que le contact du sperme avec les muqueuses buccales surtout si elles sont lésées peut être responsable de la transmission de MST ce qui constitue une crainte justifiée et doit inciter à la prudence (dépistage et/ou préservatif) lorsqu'on envisage cette pratique.
[modifier] Composition
Mis à part l'eau et les spermatozoïdes, le sperme contient de nombreux sels minéraux comme le sodium, le magnésium, le phosphore, le calcium, le potassium et le zinc.
Il contient également des sucres tels le fructose, qui est le principal "carburant" des spermatozoïdes, et le sorbitol. Il est aussi riche en protéines.
C'est un liquide légèrement basique (pH 7,2 à 7,6) notamment par la présence de spermine, spermidine et autres bases faibles. Ceci permet de neutraliser localement le pH acide (3,5 - 4) du vagin.
On y trouve de plus des hormones et enzymes telles que la relaxine, des prostaglandines ou la fibrinolysine, qui favorisent le cheminement des spermatozoïdes dans les organes génitaux de la femme, et des vitamines, vitamine C et vitamine B12.
La valeur calorique d’une éjaculation moyenne varie entre 5 et 30 calories (pour un volume moyen éjaculé de 2 à 5 ml).
[modifier] Spermatophobie
Ou phobie du sperme, est considérée par certains comme une curiosité médicale mais cette entité mérite d’être étudiée, diagnostiquée et traitée pour deux raisons :
- la présence de cette phobie dans de nombreux tableaux d’aversion sexuelle
- l'impact majeur éventuel de cette phobie sur la qualité de vie, parfois source de dépression et de solitude.
Il est possible de définir cette phobie comme une peur persistante, anormale, et irrationnelle du sperme humain. Comme les autres phobies, les symptômes se manifestent en face de l’objet de la phobie sous forme : de panique, d'angoisse, de peur. Elles sont associées à des symptômes physiques : comme l’accélération du rythme cardiaque, du rythme respiratoire, sueurs, nausées, etc. Dans le cas de la spermatophobie, d’autres symptômes ont été décrits : douleurs vaginales, vaginisme, absence de désir sexuel, aversion sexuelle.
Les origines de cette spermatophobie peuvent être organiques : vaginites, douleurs, anomalies du vagin; ou psychologiques : abus sexuels, conception religieuse, conception négative de la sexualité (sale ou interdite), attitude négative envers les hommes, peur de la grossesse, autres phobies (peur des maladies, des germes, etc)
[modifier] Risque sanitaire
Un élément corporel tel que le sperme contient de nombreuses cellules lymphocytaires. Cela explique la possibilité de transmission par voie sexuelle de certaines maladies virales : SIDA, Hépatites B et C, etc.
Le contact strictement buccal avec le sperme est peu dangereux sauf en cas de blessure importante ou d'ulcérations de la muqueuse buccale. La meilleure assurance reste sans conteste le préservatif.
[modifier] Effets
Une étude de Gallup, Burch et Platek a étudié la corrélation entre l'utilisation d'un préservatif (considéré comme un indicateur de la présence de sperme dans le corps des sujets) par des étudiantes et leur score au Beck Depression Inventory, une mesure de la dépression. Ils constatent une association entre utilisation de préservatif et symptômes dépressifs.
[modifier] Mobilité du sperme
Des contaminants, notamment endocriniens dont les phtalates, réduisent la mobilité des spermatozoïdes.
[modifier] Aspects culturels
[modifier] Pendant l'Inquisition
Les représentations du sperme, de la semence masculine, sous le régime de l'Inquisition, s'apparentent, au sens fort, à un tabou, dans le sens d'une substance chargée de puissance, qui peut être profanée par le commerce avec les démons.
- Le Malleus Maleficarum est un ouvrage qui date de 1486. Rédigé par deux inquisiteurs dominicains sous Innocent VIII, il traite de la sorcellerie.
Il est expliqué notamment comment les démons s'emparent de la substance masculine pour la transporter auprès des femmes : le démon prend la forme d'un succube pour récolter la semence d'un homme scélérat. Il la transmet à un incube détaché auprès d'une femme. Cette dernière va ainsi concevoir un enfant , sans qu'il y ait eu proprement une relation sexuelle : c'est la génération parfaite par les femmes. Pour l'Église, cette explication a permis de conserver une filiation humaine à l'engendré de ce type de génération[1].
On doit à Balthazar Bekker, pasteur du XVIIe siècle et Cartésien, la connaissance d'une croyance selon laquelle pendant cent trente ans qu'Adam s'abstint du commerce de sa femme, il vint des diablesses vers lui, qui en devinrent grosses, qui accouchèrent de diables, d'esprits, de spectres nocturnes, de fantômes. C'est Martín Antonio Delrío, jésuite du XVIe siècle, qui présente Lilith comme le Prince des démons Succubes et que Jean Markale[2] présente comme la profanatrice de sperme, la dévoreuse d'enfant (alias la dévoreuse de sperme).
[modifier] Chez les Baruya
Les Baruya[3] constituent une population habitant la Papouasie en Nouvelle-Guinée. Le sperme se nomme lakala alieu, c'est à dire "l'eau du pénis". Il apporte la force et la vie. Selon leur représentation, l'enfant à naître est nourri par le sperme de son père. Pendant les premiers mois de la grossesse, le couple multiplie les rapports sexuels afin que le fœtus se développe normalement à partir du sperme du conjoint. C'est ainsi que le père contribue à la fabrication des os, du sang et de la peau[4]. C'est le Soleil ("Puissance masculine qui sert de père commun à tous les Baruya") qui complète le fœtus en développant les doigts des pieds et des mains (siège de l'agir et du mouvement), le nez (siège de l'intelligence). Le rôle de la mère est celui de la gestation grâce à son "sac" utérin, et de l'identité sexuelle de l'enfant : si les liquides vaginaux sont plus forts que le sperme, l'enfant sera une fille. Enfin, pour terminer la conception du fœtus, c'est l'esprit d'un(e) ancêtre du père qui permet l'animation du corps. C'est à l'âge de un an que l'enfant reçoit son nom, nom qui transmet quelque chose de l'esprit de cet ancêtre.
- Toujours dans ce même ordre d'idée, c'est le sperme de l'homme qui permet à la femme d'avoir du lait pour les enfants. Le lait est du sperme métamorphosé. Ainsi, pendant les premiers temps du mariage, le jeune homme donne à boire à sa conjointe son sperme pour que ses seins gonflent et qu'elle puisse plus tard nourrir ses enfants (il n'y a pas rapports sexuels pendant cette période). Cette coutume de la fellation a disparu de nos jours. Après l'accouchement, l'homme redonne à boire à sa conjointe son sperme ainsi que des produits de sa chasse afin de la nourrir ainsi que son enfant.
Le sperme de l'homme sert aussi de rituel de passage des enfants mâles qui, à l'âge de dix ans, sont placés chacun sous l'autorité d'un aîné. Le garçon va ainsi devenir pleinement homme, et sera débarrassé de l'élément féminin et maternel issu du ventre de sa mère. C'est ainsi que l'enfant boit le sperme de son aîné[5]. L'aîné ne peut plus avoir de rapports homosexuels à partir du moment où il a des rapports hétérosexuels avec sa future conjointe. Dans le cas contraire, il ne serait pas pur de tout contact avec les femmes : une fois entré dans un vagin, le sexe de l'homme ne peut plus entrer dans la bouche d'un garçon.
- A noter également la croyance chez les Baruya de la possibilité de manipulation des sécrétions génitales, le sperme et les sécrétions vaginales, par des esprits à des fins néfastes[6].
[modifier] Notes
- ↑ Dans son ouvrage le cauchemar, Ernest Jones attribue aux fruits des relations entre mortels et êtres surnaturels des personnages renommés tels que Robert, père de Guillaume le Conquérant, Luther, Merlin (issu d'un Incube et d'une nonne, fille de Charlemagne), César, Alexandre le Grand, Platon, Scipion l'Africain, et toute la race des Huns. Il cite Peter Sinistrari qui, au XVIIe siècle soutenait que les incubes n'étaient pas des démons mais des êtres intermédiaires entre les hommes et les anges.
- ↑ Mélusine de Jean Markale
- ↑ Maurice Godelier - Métamorphoses de la parenté - Fayard 2004 - {{ISBN|2213614903
- ↑ le père est géniteur et nourricier de l'enfant
- ↑ homosexualité rituelle
- ↑ référence à certains lieux où il vaut mieux ne pas y faire l'amour
[modifier] Bibliographie
- G. G. Gallup, R. L. Burch, S. M. Platek, Does Semen Have Antidepressant Properties?, Archives of Sexual Behavior, 31, 3, 2002, pp. 289-293.
[modifier] Voir aussi
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